VIRÉE AU PAYS DES SOURCES MILLÉNAIRES

 

VIRÉE AU PAYS DES SOURCES MILLÉNAIRES

 

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Qu’elle est belle ma montagne, qu’elle est belle ma campagne, qu’elle est belle ma forêt, qu’il est beau mon pays ! Ce sont là les exclamations enthousiastes poussées au long du chemin par le groupe de marcheurs qui a jeté son dévolu cette fois-ci sur l’admirable décor naturel que recèle la commune de Taskriout.

Aujourd’hui, le temps quelque peu couvert est propice à ce genre de sortie vers les hauteurs des monts berbères.

 

Taskriout est une commune de Kabylie située au Sud-est de la wilaya de Béjaïa sur la RN 09 et voie de passage vers les communes Aït-Smail, Kherrata et, par occurrence, vers Sétif. Elle compte cinq villages qui sont Aït Ali Oumhend, Aït Mbarek, Aït Idris, Arrechah et Rif. Le chef-lieu de la commune est Bordj-Mira. La commune de Taskriout appartient à la daïra de Darguina.

Taskriout est une ancienne division territoriale ; peut-être très ancienne ; même très, très ancienne. En effet, quelque part dans cette circonscription sont ensevelis des vestiges romains. D’ailleurs, le nom de la cascade « Kéfrida » qui est la déformation de l’expression latine « Aquae Frigida » (signifiant eau froide) donne à toute la région un cachet antique.

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La cité millénaire fut-elle un municipe ? Des recherches archéologiques souhaitées donneront certainement la réponse tout en conservant ses vestiges d’une inestimable dimension historique.

Taskriout est jalonnée, à travers les âges, d’une succession d’évènements, de faits, de mythes qui constituent un grand réservoir de connaissances de notre terroir. Ainsi, le nom même de Taskriout est entouré de légende. Selon des témoignages, les habitants de cette contrée sont issus d’une ancêtre nommée Saskhra. La tribu s’appelait alors Ait Sekhriout (ceux de Sakhra), devenu par déformation pendant la colonisation Taskriout.

La région est bâtie à la force des poignets de ces habitants dont le taux d’émigration est peut-être l’un des plus élevés au niveau de la wilaya de Béjaia.

Cela dit, revenons à notre promenade de santé. A ce propos, savez-vous qu’en français le mot « randonnée » est à l'origine un terme de chasse ? On trouve le terme dans la première édition du Dictionnaire de l’Académie française (1694), se référant à la « course que les chasseurs font après la bête qu'ils chassent ».

Avant le départ, le président de l’association « Aokas Sports & Loisirs » explique l’itinéraire au groupe mixte qui est impatient de s’engager dans la grimpette. Sourires, prises de photos et voilà la compagnie qui s’ébranle pour une grande balade de vingt kilomètres !

Un jeune randonneur entonne une chanson qu’il a composée et dont le refrain est repris en chœur par tout le groupe :

 

Ô Montagne, Ô campagne, nous voilà !

Marchons, marchons gaiement !

Grimpons, grimpons vraiment !

Allons-allons, allons bravement !

Ô Montagne, Ô campagne, nous voilà !

Poussons, poussons nos corps !

Dans ce grandiose et beau décor !

Avançons toujours, toujours et encore !

Ô Montagne, Ô campagne, nous voilà !

 

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Tour à tour, montées et descentes accueillent les marcheurs qui, d’un pas assuré, ne se posent aucune question pour gravir une côte ou dévaler une pente. Les minutes s’écoulent au rythme des longueurs parcourues. Puis, c’est l’arrivée aux fameuses cascades naturelles de Kéfrida.

 

Les cascades de Kefrida sont des chutes d'eau situées près du village d'Ait Idriss, dans la commune de Taskriout (Béjaïa). Leur hauteur totale est de 50 mètres1. Elles sont distantes de 2,75 km de Bordj Mira, chef-lieu de la commune de Taskriout, de 8 km d'Aokas et de 50 km de Béjaïa.

 

Les cascades de Kefrida sont situées à 8 km d’Aokas sur un col entre deux sommets montagneux : l’Adrar Djama n’Siah à l’ouest et l’Ablat Amellah (altitude 1 364 m) à l’est dans la chaine des Babors1. Elles ont une hauteur totale de 50 mètres.

 

Les cascades sont au nombre de trois. Les chutes d'eau prennent naissance à Tala Kefrida, à environ 800 mètres. Elles sont également un pôle d’attraction pour des milliers de visiteurs chaque année. La plus connue et la plus visitée est celle située à proximité de la RN9, reliant les wilayas de Béjaïa et de Sétif.

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Le site est remarquable et réellement touristique. Or, à voir la dégradation des lieux et du paysage,  les déchets qui jonchent les sols et le large bassin envahi par toutes sortes de détritus, notamment des sachets en plastique noir, on se demande où sont passés ceux qui devraient NORMALEMENT entretenir toute cette nature fragile et souillée.

 

Le souhait des randonneurs déçus par le spectacle lamentable qui s’offre à leurs yeux est de continuer à chanter « qu’elle est belle ma montagne, qu’elle est belle ma campagne, qu’elle est belle ma forêt, qu’il est beau mon pays » sans jamais déchanter…

 

Lem

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